juil
31
2009

Le besoin de se battre pour ce qui a du sens…

« Calhoun, (1962) avait cru créer un pays de cocagne pour 20 rats et 20 rates en les enfermant dans un enclos de 1000m2 constamment ravitaillé en nourriture abondante. Il avait calculé qu’en 27 mois de confort, la population aurait du passer à 5 000.

En fait, il n’y eut jamais plus de 150 adultes à cause de dégénérescences variées qui transformèrent ce paradis en enfer.

Dès que la densité de la population dépassa un certain taux (mais aussi dès que se développe l’ennui de n’avoir plus à chasser ni à composer ses menus) les mœurs se détériorèrent : combats mortels entre mâles et même entre femelles, accouplements violents, viols le plus souvent inféconds ou suivis d’accouchements au hasard et sans préparation des nids, absence de conduites maternelles, cannibalisme puerpéral, etc… firent passer la mortalité infantile à 90%, adulte à 50% »

Pour Denise Van Caneghem « la privation de batailles dans une espèce combative peut elle-même représenter un facteur important de léthalisation par désorganisation de l’éthogramme »
« L’agressivité produite par privation de combats naturels est léthale, voire pathologique, parce que coupée de ses régulateurs normaux, c’est-à-dire sociaux et territoriaux ».

Son étude sur agressivité et combativité, propose de distinguer ces deux notions comme suit :

la « combativité » serait l’ensemble des combats adaptatifs pour l’individu ou l’espèce. Elle ressort d’une agressivité dynamique, d’une combativité évoluant vers des structures de paix, à la différence d’une agressivité statique qui se présente comme fin en soi, évoluant souvent en destructivité.

« La combativité est toujours un moyen, l’agressivité fait souvent du combat l’objet d’une véritable appétence pouvant se transformer en passions destructrices ».

« L’immaturité de l’agressif le rend dépendant, perpétuellement assiégé par des dangers imaginaires (le juif, le Capital, le Communisme, la Pollution,…), ce qui le rend sourd à bien des dangers réels et fondamentalement imprudent, comme ces fous du volant ou ces délinquants anxieux incapables de se représenter eux-mêmes avec réalisme dans l’avenir». p. 20.

Elle nous rappelle que « agressivité » vient du latin « agredire = marcher vers».

Une définition qui sied tout à fait aux pratiquants d’arts martiaux, imprégnés de l’esprit du « Do», communément traduit par “la voie”, “le chemin” …

Pour en savoir plus …

Denise Van Caneghem -« agressivité et combativité ». Editions PUF, collection « le psychologue ». 1978.

Written by Sophie Mandelbaum in: conflit |

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